Premiers pas sous la neige

Quand on tente de se faire une idée de ce que pourrait être un tour du monde on a tendance à voir de grandes forêts vierges, des plages de sable, qu’il soit blanc, doré ou noir, des temples dégoulinants de mysticisme, des villages isolés aux milieux de montagnes majestueuses et des océans infinis peuplés de créatures colossales.

La tentation d’inaugurer notre périple par un bain de pied dans les eaux cristallines du bout du monde peut être forte. Le début de notre route se trouve cependant bien loin des tropiques.

La gare de l’Est, sa brasserie de l’Est -et ses pintes hors de prix-, son bar le train de vie -où on buvait son café en attendant le train pour Nancy-, son armurerie – oasis de bien être- , son disquaire -cher mais classe, ses gueuches décomplexés, sa navette pour IKEA des samedi matins ensoleillés et son bar “ouonsefaitsoitmemesonmojito” -on remarquera l’absence de son Quick dans la liste car la Touf de la JuMent tente difficilement d’éviter toute image ringardisante. Il nous a fallut un peu plus de 35h pour poser à nouveau pied sur la terre ferme après avoir quitté le quai parisien de cette gare de l’Est.

Quand nous disons terre ferme il faut comprendre bitume enneigé. C’est en effet dans un Moscou recouvert d’un lourd manteau blanc que nous avons fait étape en premier.

Il n’est peut être pas nécessaire de vous donner ici le détail de ce que nous avons vu dans le Moscou de janvier que nous avons pu arpenter. Une ville solide, des bâtiments colossaux, des églises au charmes certains, un tzar qui nous a séduit par son sadisme et qui fera tres certainement l’ojet d’un article prochainement, des décorations lumineuses omniprésentes -noël oblige, une fusion d’influences architecturales bien diluées dans la rigueur soviétique, des sculptures dans un métro qui ne fait pas l’étalage d’une technologie de pointe, les enseignes de luxe dans certains quartiers,
des quartiers dortoirs dans d’autres, des voitures hors de prix partout, de la nourriture de qualité, de grands marchés couverts dans lesquels nous pouvons flâner au grès de notre dalle, des cornichons, des plats choisis au hasard, un alphabet cyrillique qui nous fait de l’œil et qui ne demande qu’a être décrypté, un immense fleuve gelé longé par de rares bateaux mouches brise glaces, des parcs endormis, une absence totale de touristes européens et des moscovites extrêmement chaleureux. Mise à part certaines exceptions les gens nous ont, en effet, bluffé par leur bienveillance. Fut-elle fille de la pitié immanquablement suscitée par l’image de deux pauvres loosers partagés entre la sueur et la peur du froid, équipés pour gambader une ville grande comme l’île de France sous des températures à peine négatives comme pour une virée sibérienne en chiens de traineaux.

Note pour toute personne désireuse de se rendre à Moscou par -5°. Un bon manteau, un bonnet, des gants, des chaussures étanches et un petit collant sous le pantalon et BASTA, sinon tu transpires et c’est relou.

Ce soir c’est non sans une certaine émotion que nous allons retrouver une de ces petites cabines de voyage intemporelles que nous avons tant aimé entre Paris et Moscou. Le mot est lâché. C’est de l’amour que nous avons éprouvé pour ses espaces étriqués où l’organisation se doit d’être millimétrée et où le temps semble sinon distendu plutôt relaxé. Avoir la chance de voyager en prenant son temps pourrait presque s’apparenter à la cuisine où l’amateur décontracté trouvera son bonheur dans les deux jours de préparation du clou de son festin.

Ce soir nous partons pour rejoindre Saint Pétersbourg. Nous partons à 21h30 et nous arriverons à 6h30. Un peu plus au nord. Pour une dernière grande ville avant le grand plongeon dans l’Est.

Pour illustrer tout ça voici quelques photos de ce Moscou dont on vous a brièvement parlé aujourd’hui, avec peut être un peu de nous dedans

7 thoughts

  1. Beaucoup trop mignons ces gens sous les chapkas ! Clémi a quand même l’air d’accuser les heures de voyage au petit déjeuner…
    Les photos du train-couchette me donne envie de voyager, je ne sais pas pourquoi…
    Profitez bien les zamis :*

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  2. Comment je kiffe remettre des commentaires sur la Touf de la Jument ! Profitez-bien les amis, ça l’air tellement chouette votre périple ! On vous aime ❤

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